• Benoit Aymonier

Lâcher prise : introduction

Dernière mise à jour : 15 déc. 2019

Afin de répondre aux fréquentes questions qui me sont posées sur les raisons pour lesquelles j'ai écrit Lâcher prise, comment se reconnecter à soi-même, quoi de mieux que l'introduction de mon livre. Vous la trouverez ci-dessous dans son intégralité :

Un soir de décembre C’est un soir de décembre 2012, alors que je fais le point sur la journée qui vient de s’écouler, que tout commence. Je ressens une poussée d’énergie de vie venant du plus profond de mon être qui vient me remuer et me bousculer. Ce qui m’arrive est au-delà des mots et de ma propre compréhension. Ma capacité d’analyser ce qui se passe, mon intelligence, ma rationalité sont court-circuitées, comme si j’avais tout à coup accès à une partie de moi-même encore inexplorée, embrassant une conscience plus grande de qui je suis, de ce que je suis. S’impose alors à moi la sensation profonde et inébranlable que je ne suis pas ce que je crois être. Ma personnalité, mon identité, mes valeurs, mes croyances, mon rôle dans la société… tous ces éléments qui m’ont permis de me construire et de m’affirmer en tant qu’individu jusque-là sont autant de bulles qui explosent les unes après les autres. Tout ce qui a donné du sens à mon existence devient totalement insignifiant dans ce que je suis en train de vivre dans l’instant. Ce qui se manifeste en moi ne se discute pas, ce n’est pas une pensée ou le fruit d’un raisonnement. La question d’argumenter pour tenter de le contredire ne se pose pas. C’est un ressenti profond, une connaissance à l’état pur et cela s’impose à moi non pas de l’extérieur, comme une révélation, mais semble jaillir du plus profond de mon être, de ma chair, de mes tripes. C’est quelque chose qu’une partie de moi-même sait depuis toujours et qu’il m’est donné d’entrevoir et d’expérimenter. Je suis époustouflé, abasourdi, pris entre rire et larmes mais j’accueille pleinement ce qui m’arrive. Tour à tour, tous mes masques tombent, tous mes verrous sautent, comme si je me mettais complètement à nu, en me dépouillant de toutes les couches qui me constituent. Je me laisse aller à ce ressenti si fort et intense. J’accepte que tous les pans de cette image de moi-même se fissurent et s’effondrent totalement. Je lâche prise sur tout et, dans un sentiment empreint de la plus grande humilité, j’accepte en définitive de n’être plus rien.

Mais, plutôt que de me fondre dans cet état de néant, plutôt que d’avoir l’impression d’être englouti par une vacuité totale et de disparaître, c’est paradoxalement à ce moment précis que j’embrasse de tout mon être le sentiment d’exister le plus fort et le plus total qui soit : plus vivant que jamais, je ressens également tous les liens qui m’unissent à l’univers entier, comme si j’étais relié à tout ce qui existe. Il n’y a plus de séparations entre moi et le monde extérieur. Les deux se confondent dans une parfaite unité. En acceptant de n’être rien, j’accède à Tout… je deviens Tout. Je suis alors envahi par une sérénité, une paix et une sécurité totale, en lien avec une conscience qui semble infinie, un amour et une connaissance universels. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une connaissance encyclopédique, liée à un savoir scientifique ou à un raisonnement rationnel, mais d’une connaissance du vivant. Dans cette expérience, la conscience, l’amour et la connaissance sont synonymes, ils proviennent de la même source, de la même énergie. Ce sont des mots différents mais qui expriment diverses facettes d’une seule et même dynamique, d’un seul et même fait : celui d’Être, tout simplement.

Mon parcours de vie avant On peut dire qu’avant cela, rien dans mon parcours de vie ne m’avait préparé à vivre une telle expérience, en ce sens que j’ai toujours été très rationnel, pragmatique, avec un goût très prononcé pour la science, admirant et m’inspirant de la force de ses constructions logiques pour utiliser de manière optimale ma capacité d’analyse et d’organisation – c’est-à-dire mon mental – afin de construire une vie personnelle et professionnelle la plus heureuse qui soit. Si dans mon enfance j’ai été élevé dans la religion catholique, je ne me suis jamais vraiment considéré comme croyant et je me suis détaché progressivement de toute pratique religieuse. J’ai suivi une formation scientifique et je suis devenu ingénieur des Arts et Métiers. J’ai monté et géré successivement neuf entreprises qui ont connu le succès pour certaines, la faillite pour d’autres. Les échecs m’ont amené à rebondir et je me suis peu à peu orienté sur la voie qui avait le plus de sens et de résonances pour moi, voie que j’avais commencé à identifier en tant que chef d’entreprise avec mes salariés : celle de coach, d’accompagnateur de carrières et de révélateur de talents. Lors de diverses formations dans des séminaires et écoles spécialisées et diplômantes en coaching professionnel, j’ai acquis et mis en pratique de nombreux outils qui m’ont aidé à accompagner les personnes dans leur carrière, dans les défis qui se présentent à eux, dans les choix qu’ils sont amenés à faire sur tous les plans de leur vie.

Jusqu’à cette expérience de lâcher prise total en 2012, ma philosophie de vie était la suivante : j’ai le pouvoir de choisir ce que je suis et de devenir ce que je veux, je me fixe des objectifs et me donne les moyens de les atteindre. Si des obstacles s’élèvent sur mon parcours, j’utilise mon intelligence, ma capacité d’analyse pour trouver des solutions. S’il n’y en a pas, j’accepte ce que je ne peux pas changer, je m’arrange pour que cela soit le moins inconfortable possible, en le refoulant ou en détournant mon attention sur autre chose, et je continue d’avancer, toujours dans le but d’être plus heureux et de réussir à développer au mieux mon potentiel et mes aptitudes. Je tire les leçons du passé et je prends des décisions pour l’avenir. Cette façon de procéder, en appréhendant la vie principalement avec mon mental, portait ses fruits et je peux dire que j’étais un homme épanoui et équilibré. Aujourd’hui, après avoir vécu cette expérience spectaculaire en 2012, je dirais que je vivais dans une totale illusion de ce que « Être » signifie vraiment. Par exemple, je croyais que mon intelligence et ma conscience étaient le cœur de mon existence – sans pensée, pas de conscience ; sans conscience, pas d’existence... alors que c’est exactement le contraire : je suis et j’existe avant tout, la pensée et la conscience ne sont que des manifestations « visibles » de ce que je suis dans mon essence invisible. Ce que je croyais être était en fait aux antipodes de l’expérience du vivant, aux antipodes de l'expérience de l’Être.

Ni sens… L’élément annonciateur et déclencheur de cette expérience si particulière a été pour moi de vivre dans un flot continu de synchronicités dans les jours et les semaines qui l’ont précédée. Pendant cette période, tout ce que je faisais, tout ce que je vivais, était ponctué par des coïncidences incroyables qui résonnaient en moi, venant m’éclairer sur des problématiques que je vivais alors. J’avais l’impression que le monde extérieur s’était savamment agencé pour s’aligner avec mon expérience de vie du moment et mon ressenti. Comme beaucoup, j’avais déjà vécu certaines de ces coïncidences de manière ponctuelle mais à vrai dire, elles étaient trop rares pour retenir réellement mon attention. Ce qui a été différent cette fois-ci, c’était leur déferlement dans mon quotidien. Cela a fini par ébranler mes certitudes et ma croyance profonde que tout peut être expliqué de manière scientifique, rationnelle, que tout peut être appréhendé par notre intelligence et notre mental. Il y avait là un mystère que je ne m’expliquais pas mais surtout, que je n’arrivais pas à faire rentrer dans le cadre de mes croyances, dans le cadre de mes paradigmes. Ce sont les premières secousses qui ont commencé à fragiliser les constructions mentales et rationnelles sur lesquelles j’avais bâti ma vie et justifié mon existence jusque-là. Et c’est le château de cartes que j’avais construit sur ces fondations qui a fini par s’écrouler totalement lors de mon expérience de lâcher prise.

Cela m’a donc fait l’effet d’un électrochoc, comme si j’avais mis les deux doigts dan